L’affaire a de quoi surprendre. La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), la plus haute institution du Tchad en la matière, s’est lancée dans un clash public avec la Radio Dja FM. Dans un communiqué de presse exceptionnellement ferme, la CNDH a accusé la station de diffuser une information non vérifiée qui, selon elle, « jette le discrédit » sur l’institution. L’objet du litige est un reportage de la radio sur les allégations de mauvais traitements subis par un citoyen, Mahamat Becher Mahamat, de la part d’agents de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT).
Le communiqué de la CNDH expose une situation pour le moins inhabituelle. L’institution, censée défendre les droits fondamentaux, s’étonne et dénonce le fait que Dja FM ait ignoré sa demande de droit de réponse. Ce qui est paradoxal, c’est de voir la CNDH, gardienne des libertés, entrer dans un conflit ouvert avec un média, acteur essentiel de la liberté d’expression. L’institution a même critiqué la station de radio pour son manque de « professionnalisme » et le non-respect du « principe d’équilibre » journalistique.
La CNDH réitère son attachement à la liberté de la presse tout en soulignant que cette liberté doit s’accompagner d’un respect de la déontologie. Cette confrontation publique, inhabituelle entre ces deux acteurs, met en lumière les tensions qui peuvent exister au Tchad entre les institutions et la presse, même lorsque ces dernières sont censées être des alliées dans la promotion des droits humains et de la vérité.