Une session extraordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC) s’est tenue le 10 août 2021, à l’agence BEAC de Douala au Cameroun. C’est en prélude au prochain Sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Cémac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale). Les travaux ont été présidés par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire du Cameroun, Alamine Ousmane Mey en présence du président de la Commission de la Cémac, Pr Daniel Ona Ondo.
Les ministres se sont penchés sur l’évaluation de la situation macroéconomique dans la zone Cémac en contexte de la pandémie du covid-19 et à l’analyse des mesures de redressement. Ils ont examiné les mesures idoines pour une rapide sortie de la crise et une relance de la croissance économique de manière forte, durable et inclusive. L’analyse de la mise en œuvre du PREF-CEMAC pour la période 2017-2021 a donné des résultats positifs. Parmi les réussites, il y’a entre autres, l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration de la qualité de la dépense publique des Etats, la reconstitution du niveau des réserves de change, l’organisation réussie d’une table ronde en novembre 2020 à Paris pour la mobilisation des financements des projets intégrateurs. Le projet d’interconnexion des réseaux électriques Cameroun-Tchad et le projet de construction de l’université inter-Etats Congo-Cameroun sont en phase de démarrage. Cependant, les crises liées au covid-19 et la chute des cours du pétrole ont surgi en 2020 pour impacter négativement les équilibres fragiles des pays de la zone Cémac.

Le président de la Commission de la Cémac, Pr Daniel ONA ONDO, a salué l’effort des Etats qui ont pris des mesures urgentes pour faire face à la pandémie. « Elles nous suggèrent de poursuivre des efforts consentis dans la mobilisation effective des ressources promises pour le financement des 11 projets intégrateurs présentés à la Table ronde de Paris ainsi que dans le suivi de leur mise en œuvre. Aussi, les rédacteurs du « Document de travail » insistent-ils sur la nécessité de la mise en œuvre des reformes structurelles, notamment dans le cadre des programmes de deuxième génération avec le FMI que nos Etats devraient conclure dans les meilleurs délais », soutient-il.
Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire du Cameroun, Alamine Ousmane Mey, par ailleurs président du Conseil des ministres, a souligné que dans le but de retrouver le sentier de l’émergence, la rencontre a permis d’évaluer l’impact des réformes entreprises, d’identifier les mesures dont la pertinence pourrait garantir à la sous-région un meilleur rebond face aux crises susmentionnées. Plusieurs mesures sont prises à cet effet. Il s’agit d’un taux de croissance économique moyen en termes réels de 5 % à l’horizon 2025, un fort redressement des comptes extérieurs avec une balance commerciale positive, un système financier plus résilient, des réformes structurelles vigoureuses qui donnent une place importante au développement du secteur privé et une intégration régionale renforcée en termes d’échanges de biens et services et de libre circulation des personnes.
« Au moment où nos pays ont engagé les négociations pour des programmes de deuxième génération avec le Fonds monétaire international, les objectifs de transformation structurelle de nos économies doivent être au cœur de nos préoccupations. D’abord assurer une réponse adéquate à la pandémie du Covid-19 et ensuite reconstituer nos économies sur les modèles appropriés, résilients et porteurs de croissance et d’emplois », a précisé Alamine Ousmane Mey.